Darfour: Amnesty dénonce les abus contre les civils, l’impunité

soudan

La situation des droits de l’Homme au Darfour reste terrible 11 ans après le début du conflit armé dans cette région de l’ouest du Soudan où les civils sont toujours victimes d’abus, affirme Amnesty International dans un rapport publié vendredi.

« L’impunité persistante au Darfour fait que les responsables des abus ne voient pas de raison d’y mettre fin et incite d’autres à commettre des abus similaires », affirme Michelle Kagari, directrice-adjointe pour l’Afrique de l’Est à Amnesty International.

« La communauté internationale doit renforcer ses efforts pour faire de sorte que les responsables rendent des comptes », a-t-elle ajouté alors qu’Amnesty fait état dans son rapport « d’attaques délibérées contre des civils accompagnées de pillages, de viols et de meurtres ».

Le rapport décrit comment les combats entre les tribus des Salamat et Misseriya, dans le centre du Darfour, ont coûté la vie à un grand nombre d’habitants et laissé des communautés entières sans abri.

Citant des témoins, l’organisation de défense des droits de l’Homme évoque des attaques à grande échelle visant des civils, menées par des milices armées, dont celles alliées au pouvoir à Khartoum.

« Trente à 50 véhicules et des chevaux ont encerclé le village. Ils ont tiré sur les gens. Ils ont pillé les magasins », a raconté un cheikh du village de Kabar à Amnesty International.

« Ceux qui sont venus portaient des uniformes de la police et des forces de défense populaires (pro-pouvoir). Ils sont arrivés dans des 4×4 couverts de boue. Ils ont commencé à tirer sur tout le monde, enfants, femmes et vieillards. Il criaient ‘vous êtes des esclaves, cette terre est à nous, elle n’est pas pour les esclaves et nous allons tuer tout le monde’ », a-t-il ajouté.

« Les autorités soudanaises doivent immédiatement contrôler les forces paramilitaires » et punir ceux qui commettent des abus, a insisté Mme Kagari.

Le conflit au Darfour, une région aussi vaste que la France, a éclaté en 2003 entre milices pro-gouvernementales et rebelles réclamant la fin de la « marginalisation économique » de leur région et un partage du pouvoir avec le gouvernement de Khartoum.

Il a fait des centaines de milliers de morts, ainsi que plus de deux millions de déplacés, selon l’ONU.

Outre le conflit entre rebelles et pouvoir, le Darfour est devenu depuis quelques années le théâtre de combats sanglants entre tribus arabes, anciennes alliées que Khartoum n’a plus les moyens de contrôler, se disputant la terre, l’eau et les droits miniers.

Les violences ont connu une forte recrudescence depuis 2013, en particulier les combats entre les tribus de Salamat et Misseriya, poussant au moins 460. 000 personnes à fuir leur foyer, selon l’ONU.

Cette semaine, la Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Navi Pillay, a elle aussi dénoncé les attaques contre les civils non armés au Darfour.

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